La marche de l'Empereur

Posté par poulpi le 04/05/14

Le pingouin est une espèce fascinante. On parle ici d’un animal qui avance à une vitesse telle que la rencontre avec tout prédateur est forcément fatale. Le pingouin sait très bien qu’il va sans doute manger les pissenlits par la racine avant que la banquise ait eu le temps de fondre et il peut donc appréhender sa fin toute proche de façon sereine et posée.

Certes vous allez me dire que c’est facile d’être aussi inapte à toute forme de survie lorsqu’on vit sur une banquise déserte où même les glaçons se les gèlent. Mais il n’empêche que la nature a osé et que nous autres, humains, n’avons pas hésité une seule seconde à nous inspirer de cette beauté de la vulnérabilité.

Vous l’aurez compris, je veux ici parler de cet uniforme de travail des temps modernes que tous les cols blancs enfilent le matin : le sempiternel costard. Celui là même qui après des années de raffinement successifs a au final assez peu évolué dans sa forme actuelle. Il s’agit de la chemise (en général blanche, les autres couleurs sont acceptées au risques et périls de ceux qui les portent), de la veste, du pantalon droit et des chaussures en cuir. La cravate étant là pour célébrer la rencontre de gens plus importants que soi (entretiens d’embauche, rencontre de clients importants, etc.).

Le seul problème de cet outil de travail que tout parisien travaillant assidûment dans une des tours de la défense arbore fièrement (c’est pas les seuls …) est qu’il pourrait être considéré comme une entrave parfaite. Courir le 100m avec une paire de chaussures en cuir est un peu comme faire de l’escalade après avoir fait des courses chez Casto. Certes on va sans doute le courir avec style et élégance mais la mort est certaine si on est poursuivi par une bête féroce (ou on risque de rater son RER aussi …).

L’exception qui confirme la règle sera bien entendu le personnage unique en son genre qu’est James Bond : le mec qui sauve le monde en courant derrière les gros vilains sans quitter son magnifique costume et tout en gardant son flegme tout britannique. Parce que sur le papier, James pourrait bien exister ! Une fois qu’on repasse chacun de ses exploits physique et intellectuel, on ne peut pas s’empêcher de se dire qu’au final ce n’est pas excessif. Il faut tout juste avoir une appétence toute particulière pour les gros lasers et les belles femmes (fatales). Seulement voilà, Bond, James Bond fait tout ça en costard cravate … Et c’est là que le personnage se révèle rester de fiction.

Et c’est comme ça que je vais conclure ce billet. Oui je reprends doucement après une looongue pause et j’ai pas pris un sujet facile alors cher lecteur soit un peu indulgent, s’il te plaît. En plus il est tard.